Etat du crédit aux entreprises et aux particuliers pour l'année 2012
Date de parution le 31/07/2012
En attendant, les dépôts de la clientèle reprennent du poil de la bête
Le niveau du coefficient d’emploi toujours important
Compte tenu de la progression plus importante des crédits vis-à-vis des dépôts, le coefficient d’emploi poursuit son trend haussier entamé en 2008 pour s’établir à 110,6% à fin juin
En dépit de la sous-liquidité chronique du système bancaire, l’encours des crédits bruts repart à la hausse. Selon les statistiques du GPBM pour juin, le total des crédits octroyé s’est quasiment apprécié de 5% sur ce seul et même mois. Cette évolution a permis, par conséquent, au secteur d’afficher une évolution positive des crédits depuis le début de l’année. Dans le détail, l’amélioration des prêts aux entreprises reste matérialisée par une progression plus rapide des crédits de trésorerie par rapport à ceux d’investissements. En effet, les facilités de trésorerie ont crû de 10% en juin contre seulement 1% pour les crédits à l’équipement. «La conjoncture économique actuelle semble induire un certain ralentissement de la demande sur les crédits d’investissement et une hausse des financements permettant de couvrir les besoins à court terme des entreprises», notent les analystes de CFG Group. Même constat pour les prêts destinés aux particuliers, l’évolution des crédits pour cette catégorie révèle une croissance un peu plus soutenue des crédits à la consommation au détriment de ceux à l’habitat. Sur le mois, lorsque le crédit conso prend 1,14%, le prêt à l’habitat ne s’apprécie que de 0,81%.
Globalement, «la croissance des crédits destinés aux ménages, soutenue par les prêts à la consommation, a dépassé celle des crédits octroyés aux sociétés privées», relèvent les analystes de CFG. Une tendance qui serait «salutaire», selon eux. Et pour cause, «les crédits aux ménages, généralement à plus fort rendement, permettraient de préserver la marge d’intermédiation des banques, autour de 4% actuellement, compte tenu du renchérissement prévisionnel du coût des ressources au cours des prochaines années». D’autant plus que les banques poursuivent leurs efforts de réduction du risque d’impayés. Ainsi, le taux de créances en souffrance du secteur poursuit sa baisse pour s’établir à 4,98% à fin juin. «La hausse de ce taux sur le premier semestre se limite à 1,29% augurant une croissance modérée du coût du risque du secteur», prévoit CFG.
Parallèlement, au rebond des crédits et à la maîtrise du risque, les dépôts de la clientèle reprennent légèrement du poil de la bête. Leur encours a crû de 1,76% en juin particulièrement en raison du rebond significatif des comptes courants (+11,97%). «Ce rebond a notamment permis une amélioration de la structure des dépôts avec une baisse de -2,9% de la part des ressources de la clientèle rémunérées à 37,8%». En dépit de cette évolution, le coefficient d’emploi poursuit son trend haussier entamé en 2008 pour s’établir à 110,6% à fin juin. Dans ces conditions, les banques poursuivent leurs recours au marché obligataire pour compléter leurs besoins en financement. L’instrument le plus prisé reste les certificats de dépôts qui affichent une hausse de 3,5% de leur encours en juin et de 9% depuis le début de l’année.
Ceci dit, à l’avenir le rythme de progression des crédits devrait être contenu entre 5 et 6%. «Nous maintenons notre prévision de croissance des crédits dans cette fourchette avec une possible révision à la hausse si la tendance haussière se confirme sur le troisième trimestre», estime CFG. Pour les dépôts, pas de gros changements. «Nous tablons sur une quasi-stagnation, voire une légère baisse de l’encours».
M. A. B.
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