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Brèves

TGV : Les vrais chiffres de la polémique

TGV : Les vrais chiffres de la polémique

Les entreprises locales récupèrent 6,63 milliards de DH

Date de parution le 24/04/2012

Après le retrait de Aziz Rabbah, ministre de l’Equipement et du Transport, de la rencontre avec le collectif associatif sur le TGV, il a tenu, deux jours après, une deuxième conférence, samedi dernier à Rabat. L’objectif est d’expliquer les causes de son repli et démonter «les informations erronées, véhiculées par le collectif». Rabbah a été on ne peut plus clair. Pour lui, «la communication régulière avec l’opinion publique est une tradition du gouvernement. Tous les projets lancés appartiennent au peuple, qui a le droit d’être informé sur leur contenu et leur état d’avancement, à travers les parlementaires, mais aussi de la société civile. Toutefois, le débat doit avoir lieu dans un esprit de respect mutuel». Evoquant le contenu de l’article de presse qui a déclenché cette polémique, le ministre a noté qu’il «ne peut accepter aucun dépassement, ni tolérer que le projet et ses porteurs soient insultés». Il considère qu’il est «normal que ce projet fasse l’objet de critiques et de résistance, comme cela a été le cas dans les années 60 pour la politique des barrages, dans les années 80 pour les autoroutes, et dans les années 90 pour la privatisation».
Estimant naturelles les interrogations sur l’utilité du TGV, Rabbah s’est montré rassurant. «Nous avons veillé à assurer un équilibre entre la réalisation des grands projets structurants et ceux à vocation sociale», a-t-il fait savoir. Il a donné comme exemple le budget alloué au développement du monde rural, «qui a atteint cette année 20 milliards de DH, soit l’équivalent de l’enveloppe dédiée à la réalisation de la ligne à grande vitesse».
Le ministre de l’Equipement et du Transport est également revenu sur certains reproches du collectif associatif, notamment concernant l’octroi du marché à la société française Alstom, qui aurait «réalisé des projets à Jérusalem, et qui est boycottée par les Etats de la Ligue arabe, en signe de soutien à la cause palestinienne», selon Sion Assidon, membre du collectif associatif. Faux! rétorque Rabbah. «Cette société opère dans plusieurs pays arabes, notamment en Egypte, en Arabie saoudite, et même en Iran», a-t-il expliqué. De son côté, Rabiî Khlie, directeur général de l’ONCF, a tenu à apporter des précisions concernant les informations communiquées par le collectif associatif, autour du budget alloué à la réalisation de la ligne à grande vitesse. «Contrairement au montant avancé par les détracteurs (25 milliards de DH), le TGV nécessitera seulement 20 milliards, car nous avons pu obtenir un coût très peu élevé par kilomètre, à cause notamment de l’implication des entreprises marocaines dans sa réalisation», explique le responsable de l’ONCF.

                                                                                     

«Le TGV nécessitera
seulement 20 milliards,

car nous avons pu obtenir un coût

très peu élevé par kilomètre,

à cause notamment de l’implication

des entreprises marocaines

dans sa réalisation»

                                                                                           

Aujourd’hui, «sur les 17,9 milliards de DH engagés, près de 6,63 milliards ont été injectés dans l’économie nationale, via la participation d’entreprises locales aux travaux engagés, grâce à l’application du principe de la préférence nationale», font savoir des responsables de l’ONCF. Lancé officiellement par le Souverain, en présence du président français Nicolas Sarkozy, en septembre 2011 à Tanger, ce projet est réalisé grâce à un budget de 20 milliards de DH. La rencontre qui devait avoir lieu, jeudi dernier, à Rabat, entre Aziz Rabbah, Mohamed Rabiî Khlie et les représentants du collectif associatif ayant lancé la pétition Stop TGV, a pris fin avant de démarrer. Le ministre, scandalisé par un article de presse intégré dans le dossier distribué par les organisateurs, a préféré quitter la salle, accompagné du DG de l’ONCF (cf. www.leconomiste.com). Ils se sont retirés  «à cause de la profération de propos tendancieux et irrévérencieux à l’encontre des responsables du projet. Ceci est irraisonnable. Nous sommes prêts au dialogue, mais pas dans ces conditions», a affirmé Rabbah. De son côté, Rabiî Khlie a estimé que l’article distribué par le collectif, «où il est question de torpillage, gabegie et vol, est une atteinte à notre dignité et notre honneur». Les membres du collectif ont nié «avoir l’intention d’insulter les responsables du projet. Le contenu de cet article ne reflète pas la position du collectif», ont-ils noté. Ils ont profité de cette occasion pour rappeler les différents motifs qui, selon eux, doivent pousser le gouvernement à annuler ce projet. Pour Omar Balafrej, «cette annulation peut être perçue comme un signe de maturité politique. Des pays européens, plus riches, ont suspendu leurs projets de TGV, à cause du contexte difficile de la crise». Les détracteurs du TGV mettent en avant la logique des priorités pour la société marocaine. «Avant de lancer une ligne à grande vitesse, il est prioritaire de mettre en place un plan de développement ferroviaire pour étendre le réseau à toutes les régions du Maroc», a avancé Balafrej. Comme si un schéma directeur, qui prévoit l’extension de ce réseau aux quatre coins du pays à l’horizon 2040, n’existait pas. Sur ce chapitre, Rabbah a rappelé que  «l’avancement des travaux dépendra de la capacité de mobiliser les financements nécessaires. C’est un choix de l’Etat, qui s’inscrit dans la continuité, en dépit du changement des gouvernements».

Source: L'économiste


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