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Automobile
Industrie automobile: Les équipementiers dans les starting-blocks
Câblage, emboutissage, châssis… l’offre et la cartographie industrielle Maroc se développe par la consolidation et la densification des équipementiers.
Date de parution le 07/06/2011
«Nous avons suivi une analyse basée sur 4 groupes fonctionnels: châssis, moteur, intérieur et extérieur du véhicule, comportant 22 modules. A terme, nous comptons disposer d’une carte industrielle automobile avec plus d’une dizaine de modules et une quinzaine de spécialités», annonce Ahmed Réda Chami, ministre du Commerce, de l’industrie et des nouvelles technologies.
L’enjeu est de taille! Des opérateurs majeurs de l’industrie automobile se disputent la destination Maroc pour initier de nouveaux flux d’affaires. Lear, Sumitomo, Denso, Faurecia.
Plus de 200 entreprises comptent délocaliser leur savoir-faire et transférer leur technologie au Maroc. Dans ce contexte, l’Etat devrait, non seulement, attirer de nouveaux investisseurs mais également les retenir et les fidéliser. D’où la mise en place de plateformes intégrées (P2I), dédiées à l’automobile, dans les principales régions du pays. Aujourd’hui, elles sont au nombre de trois. Il s’agit de l’extension de la zone franche de Tanger sur 100 hectares, la réalisation d’Atlantic free zone à Kénitra (345 ha) et Tanger automotive city (TAC) sur 260 ha.
La zone franche de Tanger abrite déjà plus de 500 entreprises de différents secteurs, notamment celles spécialisées dans l’automobile. Une partie de cette zone (60 ha) est réservée aux équipementiers et à Renault-Nissan en particulier. Quant à Atlantic free zone (AFZ) et Tanger automotive city (TAC), leurs livraisons sont prévues en 2015 et 2019.
Au lendemain des 2e Assises de l’industrie (5 mai 2011), le département de l’Industrie a procédé au lancement de la première tranche (47 ha) de la plateforme intégrée TAC. A terme, le projet verra la création de 15.000 emplois et plus de 8 milliards de DH d’investissements. Le chiffre d’affaires prévisionnel annuel est de 15 milliards de DH.
Dans sa globalité, le projet s’étale sur une superficie de 260 ha. Il sera aménagé en deux phases. La première porte sur une superficie brute totale d’environ 130 ha, pour 2014, dont la première tranche de 47 ha déjà lancée. Cette dernière sera achevée vers fin 2012. La deuxième phase, d’une superficie brute de 130 ha, sera lancée courant 2015. Une superficie de 178 ha en zone franche est dédiée à l’automobile et une partie en zone libre. Elle sera dédiée aux activités industrielles, logistiques et de services liés à l’industrie (10 ha). Cette plateforme a une capacité d’accueil de 200 équipementiers et 100 entreprises spécialisées dans l’industrie automobile.
Le lancement de Tanger automotive city vient à point nommé. La plateforme accompagnera le développement du projet Renault à Tanger. Elle favorisera le regroupement d’équipementiers de rangs 1, 2 et 3, sous-traitants et services. L’idée est donc de s’appuyer sur les synergies et complémentarités avec les autres filiales de TMSA. Autre enjeu majeur: attirer des équipementiers fournisseurs des 28 sites d’assemblage de l’Europe du Sud.
Pour sa part, la zone franche de Kénitra a été lancée en avril 2010. La première tranche de 192 ha sera achevée vers fin 2011. Une 2e phase de 152 ha bruts sera livrée au cours du 1er trimestre 2015. A peine lancée, la partie zone franche de la plateforme industrielle intégrée de Kénitra attire déjà des investisseurs.
Deux équipementiers ont récemment annoncé leur implantation. Il s’agit du japonais Fujikura (câblage électrique) et du français Saint-Gobain (spécialiste de pare-brise).
Par ailleurs, la finalisation de l’usine Renault à Tanger-Melloussa constitue un tournant dans l’industrie automobile nationale, en érigeant le Maroc en tant que pays constructeur et hub régional. En tout cas, les équipementiers sont dans les starting-blocks. A ce jour, 18 équipementiers de rang 1 et une trentaine de rang 2 sont déjà installés au Maroc. D’autres viendront renforcer le tissu industriel et permettront d’accroître l’intégration locale. «Le nombre dépendra de la compétitivité technico-économique des nouveaux fournisseurs», précise Michel Faivre-Duboz, DG du groupe Renault Maroc. Quant au rythme de production de la plateforme, il se veut progressif. A terme, l’unité de Tanger-Melloussa produira 340.000 unités. Les produits qui sortiront de l’usine seront de la gamme entry badgés sous les marques Dacia ou Renault, selon les marchés où ils seront exportés.
Formation
Outre le renforcement des structures et plateformes, le volet formation et qualification des ressources humaines fait également partie des priorités du ministère du Commerce et de l’Industrie. La stratégie mise en place par la tutelle prévoit la construction de 4 instituts de formation aux métiers de l’automobile, soit 2 à Tanger, 1 à Casablanca et 1 à Kénitra. Cette initiative est accompagnée par des partenaires internationaux de formation. Les entreprises bénéficieront d’avantages fiscaux et aides financières directes durant les 3 premières années. C’est dans cette optique que Renault a inauguré en avril dernier son institut de formation, issu d’un partenariat public-privé. L’institut devrait assurer la formation des opérateurs, techniciens et cadres de l’usine de Renault à Melloussa ainsi que ceux des fournisseurs du constructeur. Il devrait accueillir 250 stagiaires.
M.Az - Source: L'Economiste
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