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Automobile

Investissements: L’effet Renault

Investissements: L’effet Renault

Tanger mais aussi toute la région profitent de l’effet boule de neige

Date de parution le 22/11/2011

 Au-delà des chiffres, le projet de Renault à Melloussa constitue un réel accélérateur de l’économie locale. Au niveau industriel d’abord. Dans son sillage, ce méga-projet a drainé de multiples investissements, notamment au niveau des fournisseurs de la marque au Losange qui ont opté pour la destination Maroc, entre plusieurs choix tout aussi intéressants. C’est le cas de plusieurs entreprises dont Snop Dunois, spécialisée dans l’emboutissage des petites pièces métalliques qui s’est installée à la TFZ, GMD, spécialisée dans l’emboutissage plastique, et Visteon, équipementier américain, qui est en cours d’installation à Tétouan. D’autres entreprises déjà installées à Tanger devront profiter de cette manne que constituent les deux chaînes de montage de véhicules de Renault dont la première devra entrer en service de manière imminente et produire 170.000 véhicules. C’est le cas des équipementiers installés à Tanger dont Yazaki et Coficab qui vont travailler avec la firme au Losange. D’ailleurs l’objectif de Renault est d’atteindre un taux d’intégration locale à terme de 50% d’où l’appétit des fournisseurs de deuxième et troisième niveau de profiter de la manne que suppose cette nouvelle usine.

Au delà de fournir le site de Renault à Melloussa, les entreprises installées pourront rentabiliser plus rapidement leurs installations en optant aussi pour l’export. C’est le cas de Snop Dunois, qui dès le démarrage de son unité à Tanger en juin dernier a décroché deux contrats pour fournir en pièces les sites de Renault en Espagne et de Volkswagen au Portugal.
Mais les effets ne s’arrêtent pas là. Le projet de Renault a servi de moteur principal derrière la mise en place d’un nouveau noyau urbain, la ville de Chrafate. Cette dernière, non loin du site industriel de Renault, devra loger l’essentiel des salariés de cette usine ainsi qu’une bonne partie de ses cadres. La ville devra s’étendre sur 770 hectares et constituer une véritable cité verte tant en matière de végétation qu’en ce qui concerne le respect de l’environnement. Pour l’emploi, Renault semble avoir aussi ravivé les espoirs des jeunes de la région et d’ailleurs. À terme, le nombre d’emplois à pourvoir chez le constructeur français est de 6.000 emplois directs avec plus de 30.000 emplois supplémentaires indirects. L’engouement pour travailler chez Renault se notait au sein des instituts de formation et chez les futurs diplômés. D’ailleurs, la peur de la fuite des cadres a probablement fait passer des nuits blanches aux DRH de la région pour qui l’arrivée de Renault était perçue comme une véritable menace. Contrairement à de nombreux employés qui ont su profiter de l’occasion pour renégocier leurs contrats à la hausse.

Un projet à la pointe du progrès

Le projet de Renault, qui se veut le fleuron de l’industrie locale, entrera en service dès les premiers mois de 2012. L’usine devra produire dans une première phase 170.000 véhicules par an. Dans une deuxième phase, ce volume devra atteindre les 400.000 véhicules, soit environ une voiture toutes les minutes. L’essentiel de la production sera destiné aux marchés émergents. Le site devra employer près de 6.000 personnes de manière directe et assurer la création de 30.000 emplois indirects supplémentaires, selon Renault. L’investissement total annoncé est de près de 650 millions d’euros, soit un peu plus de 7 milliards de DH. Mais l’enjeu en vaut la chandelle. C’est un site industriel moderne et à la pointe de la technologie que la firme au Losange est en train d’installer à Melloussa et qui sera au cœur du plan de Renault. Et à ce titre, elle devra disposer des dernières technologies disponibles en la matière, explique le management du groupe. En tout, ce sont une bonne dizaine de concepts novateurs qui seront mis en place pour la première fois dans une usine du groupe, selon Renault dont la plupart tombent sous le sceau du secret professionnel. Toujours est-il, il est prévu que l’usine de Tanger dispose d’unités d’assemblage et de formage robotisées et automatisées par exemple. Pour une entreprise pour qui, comme Renault, le respect de l’environnement est érigé en argument marketing, il fallait que l’outil de production soit à la hauteur de son image. L’objectif est de mettre en place un site de construction automobile ‘zéro carbone’. Déjà, lors de la présentation du projet, il avait été fait état d’une réduction des émissions de CO2 de 98% par rapport à un site comparable. Ce volume représente plus de 135.000 tonnes de CO2, soit l’équivalent des émissions annuelles d’un parc de 20.000 voitures. D’autre part, la consommation en eau sera réduite de 70% tout en évitant le rejet d’eaux usées d’origine industrielle. Le site de Renault compte être peu énergivore avec une réduction de la consommation d’énergie de 35% par rapport à un site comparable. Et c’est au département ‘Peinture’ que l’essentiel des économies devront se faire. C’est en effet là l’un des départements les plus voraces en énergie avec plus de 70% de l’énergie totale consommée. Les carrosseries des véhicules doivent passer en effet dans un four de cuisson pour accélérer leur séchage. Renault assure avoir repensé ses processus de fabrication et promet l’utilisation de technologies innovantes ainsi que la mise en place de techniques dites de récupération d’énergie. L’équivalent de l’économie en consommation électrique sera de 40 gigawatts-heure, de quoi alimenter une petite ville de 20.000 habitants.

Source: L'économiste



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