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Automobile

Tanger et Kénitra « motor-towns » marocaines sont nées

Tanger et Kénitra « motor-towns » marocaines sont nées

Dans moins d’une année, l’activité de Renault devrait démarrer à Melloussa, à quelques dizaines de kilomètres de la capitale du Détroit.

Date de parution le 25/02/2011

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C’est à Melloussa, à une trentaine de kilomètres de Tanger, que cette ambition est en train de prendre sa forme la plus concrète. L’endroit est devenu le théâtre d’un ballet incessant de camions et d’engins de chantier. Quotidiennement, des centaines d’ouvriers s’y activent jour et nuit pour tenir les délais fixés par Renault pour son premier site d’envergure sur le continent africain

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Comme l’a réaffirmé Carlos Ghosn, PDG de Renault, lors de la présentation des résultats du groupe automobile français : « L’exploitation de Renault démarrera bien début 2012, pour une production de 170.000 véhicules, dont 90% destinés à l’exportation ».

Les équipementiers se bousculent à TFZ

De toute évidence, même si les sceptiques étaient nombreux au moment où l’annonce avait été faite pour la première fois en 2004, aujourd’hui plus personne ne doute du projet. Les entreprises essaient plutôt d’en tirer profit autant que possible, notamment en se positionnant comme de futurs fournisseurs du groupe Renault. Le géant français a notamment désigné plusieurs équipementiers qui le fournissent pour venir s’installer à Tanger afin d’optimiser aussi bien ses délais que ses coûts d’approvisionnement. « Parmi ces équipementiers, une vingtaine est déjà en train de construire de nouvelles usines à Tanger Free Zone (TFZ) », explique Jamal Mikou, PDG de cette zone franche de Tanger.

D’ailleurs, c’est ici que les choses ont débuté et que se confirme le réalisme du projet Maroc. En effet, au total, plus d’une trentaine d’entreprises dans le secteur de la sous-traitance automobile sont déjà installés à TFZ. La plupart d’entre elles emploient quelques dizaines de collaborateurs, mais chez certaines, les travailleurs se comptent par milliers. Il s’agit de Delphi et de Yazaki. Le premier emploie plus de 5.800 personnes sur ses deux sites de Tanger et le second à 4.800 sur Tanger et 1.200 sur Kénitra.

De toute évidence, aujourd’hui, c’est le secteur automobile qui connaît la croissance la plus forte dans la région de Tanger. Il devient de plus en plus difficile de trouver les ressources humaines dans la capitale du Détroit. On assiste d’ailleurs à une inversion des flux migratoires. « A notre sortie en 1999, de l’ENCG de Tanger, pratiquement tout le monde s’était dirigé vers Casablanca et Rabat afin d ‘intégrer le monde du travail », explique ce lauréat de la première promotion de cette école de commerce. Aujourd’hui, les choses sont en train de changer puisqu’il n’est pas rare de voir plusieurs employés venir de Casablanca pour s’installer dans la capitale du Détroit.

Désormais, Tanger permet au Maroc de rivaliser avec les pays d’Europe de l’Est et du Centre, en matière de compétitivité pour la sous-traitance automobile. Les raisons de ce succès sont assez nombreuses, mais il y en a une qui reste déterminante. Il s’agit de la proximité géographique qui se mesure en nombre de jours et non pas en nombre de kilomètres. « La proximité géographique, avant même les avantages fiscaux, a été un facteur déterminant pour notre installation à Tanger », rappelle Redouane Karibach, directeur général de Yazaki, désormais plus grand employeur du secteur actuellement. Et d’ajouter que : « Quand nous nous sommes installés en 2000, il n’y avait rien de ce qui existe actuellement comme infrastructure modernes dans la région. Nous n’avions que la seule volonté de l’Etat de nous accompagner tout au long de la mise en place de notre unité ». Et cette proximité est renforcée par la mise en place d’infrastructures adéquates.

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Formation aux métiers de l’automobile : le talon d’Achille

Après avoir mis en place une fiscalité attrayante, des zones industrielles compétitives et des infrastructures qui n’ont rien à envier aux pays européens, il est clair que l’un des défis les plus importants que le Maroc doit actuellement relever est celui de la formation aux métiers de l’automobile. Pour le moment, les métiers qui cartonnent comme le câblage, s’apparentent à ce qu’a été la confection pour le Maroc. Le coût assez bas de la main d’œuvre est l’un des éléments clé de la compétitivité des industries dans ce segment d’activité. Cependant, les profils recrutés sont assez disponibles, puisqu’il s’agit d’agents ayant le bac, voire le niveau de la 1ère année du bac.

Mais quand il s’agira de débusquer l’oiseau rare, ayant un niveau de technicien voire d’ingénieur, on peut se douter que les chasseurs de têtes auront nettement plus de mal à en trouver. Et aujourd’hui on s’achemine de plus en plus vers l’arrivée des domaines pointus de l’automobile. C’est du moins ce que veut Renault à Tanger avec la vingtaine d’entreprises qui sont, notamment, dans des domaines comme l’emboutissage, la climatisation, voire des éléments de motorisation, etc.

Au niveau de la production des compétences, pour le moment, il y a le Centre de Formation aux Métiers de l’Automobile de Tanger-Med (CFMA/TM) du constructeur français qui est basé à Melloussa. La question qui se pose est de savoir si sa capacité de formation de 250 stagiaires par jour sera suffisante pour satisfaire les besoins de toutes ces entreprises. Rien n’est moins sûr.

Source: Vous pourrez trouver la totalité de l'article dans Challenge Hebdo du 18 février 2011

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