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Mobilisation diaspora
Renouveler l'approche de la mobilisation des compétences marocaines à l'étranger
par Monsieur Driss El Yazami, président du CCME
Date de parution le 25/03/2010
Institution consultative et de prospective, le Conseil de la communauté marocaine à l'étranger (CCME)* a pour mission d'assurer le suivi et l'évaluation des politiques publiques du Maroc envers ses ressortissants à l’étranger en vue de garantir la défense de leurs droits et d'amplifier leur participation au développement politique, économique, culturel et social du pays.
C’est dans ce cadre que nous souhaitons renouveler l’approche concernant la mobilisation des compétences marocaines et participer à une nouvelle dynamique d’échanges.
Quels sont les enjeux aujourd'hui de la mobilisation des compétences marocaines de l'étranger ?
Jusqu’il y a peu de temps, la contribution des Marocains du monde au développement de leur terre d’origine prenait pour l’essentiel deux formes : les remises et les initiatives associatives au niveau local. Constituant 9% du PIB, les transferts sont très sensibles à la conjoncture économique des pays de résidence (la récente crise a fait ressentir ses effets quasi-immédiatement). Et s’ils ont joué un rôle central dans la promotion sociale de centaines de milliers de familles, leur part dans les investissements directs étrangers reste comparativement à d’autres diasporas encore faible, et rien ne garantit leur pérennité, si l’on considère les processus d’enracinement à l’œuvre au sein des communautés marocaines de par le monde. C’est dans ce contexte global que la mobilisation des compétences marocaines de l’étranger constitue un véritable enjeu stratégique. Engagé dans de grands projets structurants (pacte d’émergence industrielle, Plans Vert, Maroc Numéric, Halieutis, charte de l’environnement, …) le Maroc aura besoin de toutes ses compétences, où qu’elles se trouvent. A cet égard, la communauté à l’étranger est une mine de compétences, et je ne parle pas seulement de scientifiques et d’ingénieurs hautement qualifiés, mais également des milliers de techniciens, d’ouvriers spécialisés, d’entrepreneurs. De nombreux secteurs de l’économie (le bâtiment, l’automobile, l’agro-alimentaire, l’aérospatial, le textile, l’enseignement, la recherche) ne disposent pas des ressources humaines nécessaires, malgré les efforts soutenus de ces dernières années en termes de formation.. Il est donc indispensable de revoir notre stratégie concernant la participation des migrants et de leurs enfants au développement du pays. Engagées dans un processus de mobilité internationale (le marché de l’emploi est aujourd’hui un marché mondial où ce sont les opportunités en termes de carrière, de salaire et de qualité de vie qui font la différence), les compétences marocaines de l’étranger gardent un lien affectif très fort avec le Maroc, mais cela ne saurait suffire : le pays doit donc être compétitif et attractif sur tous ces plans pour attirer ses compétences expatriées.
Quelles sont les modalités et les pistes de réflexion pour promouvoir cette mobilisation ?
Nous souhaitons donner envie à toutes les compétences marocaines de l’étranger, que ce soit dans le domaine scientifique, industriel, entrepreneurial et culturel de s’impliquer dans des projets, sans renier leur double culture, leur double appartenance. Nous souhaitons faire de cette communauté un vivier de compétences, sans pour autant se focaliser sur l’unique perspective du retour ou sur la question des transferts financiers. Les Marocains de l’étranger sont inscrits dans des logiques de vie, de carrière qui dépassent le cadre d’une inscription territoriale nationale et il faut prendre en compte cette diversité. C’est une des mutations principales de ces vingt dernières années de la communauté marocaine à l’étranger, avec la féminisation et l’accroissement du niveau de qualification et d’éducation. Les Marocains de l’étranger sont des citoyens avec des exigences, des intérêts, des attentes, des projets et des problématiques spécifiques. Ils ont avant tout besoin de reconnaissance quant à cette spécificité. Pour cela, il faut les écouter et soutenir des projets qui nous paraissent innovants, qui peuvent avoir valeur d’exemple, comme l’Université Internationale de Rabat initiée par un groupe d’universitaires marocains de l’étranger et qui ouvrira ses portes à la rentrée 2010. Nous avons engagé des consultations auprès des compétences marocaines dans plusieurs pays et participons régulièrement à des événements organisés par les réseaux de la diaspora, comme avec le DMK (réseau des compétences germano-marocaines en Allemagne), l’association COMARA (Cadres d’origine marocaine en Rhône-Alpes en France) ou avec le Washington Moroccan American Club (WMC, USA), pour ne parler que des plus récentes rencontres. Nous avons également engagé des discussions avec les associations de développement créées par les migrants afin de créer une synergie dans un objectif de développement durable et solidaire. Si l’on veut favoriser la participation des Marocains expatriés au développement social et économique du Royaume, il nous faut comprendre ces logiques et identifier les obstacles qui freinent leur implication.
Quel est l'intérêt du CCME dans le partenariat avec le Club France Maroc ?
Nous soutenons toutes les initiatives qui nous paraissent encourager la communauté marocaine à contribuer au développement de son pays d’origine. 80 % de la communauté marocaine à l’étranger réside en Europe, dont près d’un tiers en France. Parmi ces Marocains de France et leurs descendants se trouvent de nombreux étudiants et diplômés qui souhaitent venir travailler au Maroc et s‘investir professionnellement ici. Ils manquent cependant souvent d’informations claire et concrète sur le marché du travail, les secteurs porteurs, les niveaux de salaire, la législation concernant la mobilité professionnelle, ce qui constitue un frein à leur retour. Le projet du club France Maroc nous semble une initiative intéressante qui peut favoriser les échanges et le partage d’expériences, et apporter des réponses aux nombreuses questions que se posent les Marocains à l’étranger.
Site : http://www.ccme.org.ma
* Le CCME est une institution consultative marocaine, jouissant de l'autonomie administrative et financière, établie en vertu du Dahir Royal n° 1.07.208 du 21 décembre 2007 pour un premier mandat de quatre ans.
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Et si on commence par